Sous une baie d’étoiles

Le souffle du temps perturbe mes rites
Je n’ose plus sourire aux femmes, maudites !
Voilà qu’il m’observe ce furieux enfant
Qui cherche l’abîme au milieu du néant .
Que ne suis-je donc plus qu’un éternel absent
Qui n’a ni soif ou haine au-delà des relents
D’amour ou rejet de vous, êtres vivants.
Pauvre déraciné de la Terre, du néant.
Absent même de vie, du dessin ; nostalgie,
Je suis d’âme appauvri, de colère la lie.
Dans l’arène où je gis, je gigote et rugis
Mendiant dans vos cris un moment de répit.
Le corps alambiqué, le regard animal
Je cherche le salut, le confort et le calme.
Mais je suis tiraillé jusqu’aux bornes vitales
De n’être point élu, démembré de mon âme.

Tout en moi est tendu, crispé de tout mon mal,
Ma vie sert, m’éviscère, m’étouffe dans mes râles.
Sous l’astre suspendu dans une baie d’étoiles
J’expire un dernier vers en position fœtale.

Demi-septuagé ma frontière se brise
Sous les pas avancés du temps qui m’allergise.
Ô nué, me voilà toi ma belle promise
Qu’un jour je rejoindrai tournoyant dans la bise .

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