Sous une baie d’étoiles

Le souffle du temps perturbe mes rites
Je n’ose plus sourire aux femmes, maudites !
Voilà qu’il m’observe ce furieux enfant
Qui cherche l’abîme au milieu du néant .
Que ne suis-je donc plus qu’un éternel absent
Qui n’a ni soif ou haine au-delà des relents
D’amour ou rejet de vous, êtres vivants.
Pauvre déraciné de la Terre, du néant.
Absent même de vie, du dessin ; nostalgie,
Je suis d’âme appauvri, de colère la lie.
Dans l’arène où je gis, je gigote et rugis
Mendiant dans vos cris un moment de répit.
Le corps alambiqué, le regard animal
Je cherche le salut, le confort et le calme.
Mais je suis tiraillé jusqu’aux bornes vitales
De n’être point élu, démembré de mon âme.

Tout en moi est tendu, crispé de tout mon mal,
Ma vie sert, m’éviscère, m’étouffe dans mes râles.
Sous l’astre suspendu dans une baie d’étoiles
J’expire un dernier vers en position fœtale.

Demi-septuagé ma frontière se brise
Sous les pas avancés du temps qui m’allergise.
Ô nué, me voilà toi ma belle promise
Qu’un jour je rejoindrai tournoyant dans la bise .

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Ghazalisme

J’ai recouvert de feu le dément de mon âme
Qui tenait tête à Dieu au devant de mon âme.

L’obscurité tarit la grande et belle dame
Qu’un matin j’ai banni au levant de mon âme.

J’ai souvent recherché la note, la bonne gamme
Mais c’était oublier les tourments de mon âme.

Dans l’âpre volupté qu’une oraison enflamme
Je suis mort nouveau-né, accrescent de mon âme.

Assoiffé, non repu de vos râles et vos blâmes
C’est assis que j’ai bu le vin, sang de mon âme.

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Démantèle moi

C
I          R          I
C
Crève donc mes yeux
Ne plus croiser ton Regard.
Éclate mes tympans
Ne plus t’entendre si tard.
Arrache-moi la langue,
La saveur, le gout de toi.
Arrête donc mon cœur
Qui ne battait que pour toi.

C
I          R          I
C

Brise mes deux jambes,
Ne plus courir après toi.
Et casse aussi mes bras,
Qui te serrent quand tu t’en vas.
Innerve tout mon corps
Ne plus jamais sentir ta peau.
Arrête donc mon cœur,

Accorde-moi le repos.
C
I          R          I
C
Et tranche donc ma tête,
Laisse s’envoler mes pensées.
Écrase aussi mes mains,
Ne plus jamais te caresser.
Extirpe de mon âme
La chaleur, l’amour de toi
Arrête enfin mon cœur,
Qui ne battait que pour toi.

C
I          R          I
C

Éveille mon regard,
A la beauté de ton corps
Enfonce donc le dard
Et répands, en moi ton or
Que je n’ose plus voir
Ton grain, la soie de ta peau
Annihile mes espoirs
Pour que se perdent mes mots.

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Dans mon gouffre homo pâle

J’ai déserté mon cœur, j ’ai délaissé mon âme,
Attisé de douleur les restes d’une flamme
Qui retenait mon heure avant l’heure abyssale
Où j’ai plongé sans peur dans mon gouffre homo pâle.


Te souviens-tu de moi quand je pleurais encore,
Avant que « toi et moi » ne soit qu’un rêve mort ?
Dans l’ivresse ou la soie nous dévorions nos corps
Jusqu’au delà des lois physiques de l’effort !


Je n’ai plus mal de toi, j’ai déserté mon cœur.
Je brûle tout le bois attisé de douleur
Qui fut forêt d’éden, qui retenait mon heure,
Qui m’est jungle de haine où j’ai plongé sans peur.


J’ai délaissé mon âme et jeté dans la braise
Les restes d’une flamme qui mourait dans la glaise.
Avant l’heure abyssale j’ai déposé mon glaive
Dans mon gouffre homo pâle sans racine ni sève.

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